De l’importance d’accepter la différence

De l’importance d’accepter la différence.

«  Il n’existe aucune différence entre un bouddha et un simple mortel. »

Nichiren DaÏshonin

«

Cela signifie que l’état de bouddha est universellement inhérent à tous les êtres, et que la distinction entre un simple mortel et un bouddha se situe au niveau superficiel des phénomènes. »

Daïsaku Ikeda.

Si nous  considérons, si peu que ce soit, que parce que nous pratiquons ce merveilleux enseignement, nous sommes « supérieurs » aux autres, nous faisons une grande erreur, et nous engageons sur la voie de l’arrogance.

En s’éveillant à la loi bouddhique dans notre propre vie, nous comprenons que les différences nous enrichissent. Grâce à la confrontation, nous pouvons nous éveiller davantage et renforcer notre propre foi. Accueillir la différence avec joie, sérénité et tolérance, c’est donner un autre angle de vue à notre propre croyance. Rejeter tout ce qui nous semble différent n’est en fait que l’ aveu de notre faiblesse à embrasser la vie et tout ses phénomènes.

« Tout individu, en apparence un être faible et fragile, est le sanctuaire d’un trésor infiniment grand. On peut appeler «amour de Dieu», ou bienveillance de Bouddha, le noble sentiment de compassion inné en chaque être humain. »

Dans cette citation, mon maître, Mr ikeda, place l’amour de Dieu au même niveau que la bienveillance exercée par un bouddha. Il conclut : » Quoi qu’il en soit, luttons ensemble pour l’avènement du lumineux «siècle de la vie. »

Loin de mettre en avance d’éventuelles différences, il nous enjoint à lutter ensemble vers un siècle de création de valeurs. Je trouve que c’est un magnifique exemple de l’ouverture et de la tolérance dont nous devrions tous faire preuve.

En réalité, nous sommes tous confronté aux 4 souffrances que sont la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort, mais en réalité, on peut en ajouter quatre autre :  On distingue en fait «huit souffrances»., il faut compter la souffrance d’être séparé de ceux qu’on aime, celle de devoir fréquenter ceux qu’on déteste, celle d’être dans l’incapacité d’obtenir ce qu’on désire, et finalement celle qui résulte des cinq composantes du corps et de l’esprit. » D.Ikeda.

Le défi et la « pari », au sens « Pascalien » du terme est qu’il est possible d’y échapper.

On dit que le bouddha reçoit et emploie librement toute choses.

Le point de départ, c’est d’accepter notre vie telle qu’elle est; en nous, il y a des différences notables : on peut au cours d’une même journée avoir des attitudes fondamentalement différentes. Si on refuse de voir cela, on à du mal à changer. Tout changement commence par l’acceptation de ce que nous sommes.

Mireille Darc à réalisé un reportage sur le pardon; on y voit une femme, violée à 18 ans dans des conditions particulièrement violentes. Elle à souffert pendant 15 ans de cette agression, puis un jour, elle à compris que si elle n’était en rien responsable de ce qui lui était arrivé, elle pouvait influer sur sa souffrance. Elle compris qu’elle était toute entière responsable de sa souffrance, et compris qu’il ne tenait qu’à elle de transformer ce poison en élixir. A partir de là, elle put reconstruire sa vie,, retrouver l’amour, fonder une famille et avoir 5  enfants. Elle conclut en disant que cette expérience, aussi douloureuse soit elle, fut probablement un trésor car elle lui avait fait prendre conscience qu’elle pouvait être pleinement maitresse de sa vie. j’ai été bouleversé par son témoignage. A chaque fois qu’elle parlait, j’avais l’impression d’entendre un pratiquant de la loi merveilleuse. Cette femme, par son expérience et ce qu’elle à sut en tirer s’est libérée des quatre souffrances, tel un bouddha.

Nous devrions méditer sur la phrase de Mr Bourgeot, qui s’adressant au président Ikeda dit : «   Il me semble que, renvoyant à des certitudes, les religions tendent à déconsidérer, voire à rejeter ceux et celles qui dérogent à leurs dogmes. Nous avons besoin, aujourd’hui, de visions du monde qui prennent en compte la diversité. Un survol de l’histoire montre que les religions ont apporté leur caution morale à tant de guerres, parfois des «guerres saintes», et à tant d’autres formes de violence! De nos jours encore, les conflits religieux et ethniques qui déchirent des peuples illustrent de façon dramatique le poids de cet héritage.

Ne pensons surtout pas que parce que nous pratiquons un enseignement correct nous pouvons échapper aux sirènes de l’intolérance, du formalisme et du rejet des autres, et c’est en observant sans cesse notre propre coeur que nous parviendrons à harmoniser nos vies dans une diversité sans cesse renouvelée.

La philosophie bouddhique est faite pour les gens, et non le contraire. Si l’on se met au service de dogmes religieux, on peut vite tomber dans une forme de sectarisme et dans le jugement et le rejet de l’autre.

C’est pour cela que Nichiren Daïshonin a concrétisé cet esprit dans un mandala, censé refléter la vie dans son entièreté, le bien comme le mal, la vie, la mort, etc. Lorsque nous nous inclinons devant ce mandala, nous acceptons profondément tout les aspects de la vie et reconnaissons que ce n’est que dans cette acceptation que nous pouvons trouver le véritable bonheur. Par là même, nous comprenons que notre vie à un potentiel illimité car elle contient tout les phénomènes,, mais que cet éveil ne peut être obtenu que dans un combat farouche pour faire triompher notre « grand ego » plutôt que notre « petit ego », asservi à l’irresponsabilité – je ne suis pas responsable ni de on malheur, ni des problèmes de la société dans laquelle je vis-.  mais nous ressentons aussi que notre vie est liée aux autres, et que par notre attitude, nous pouvons influencer le cours de notre vie. et devenir une source d’encouragement par notre comportement.

Encore un petit passage du dialogue entre mon maitre et Mr Bourgeot, qui exprime à merveille la façon dont nous devrions envisager notre pratique bouddhique.

Ikeda :  Les religions du xxic siècle devront proposer au moins des visions de l’humanité et du monde toujours ouvertes et malléables.

    • Bourgeot : Il me semble possible d’élaborer une éthique, et d’en vivre, sans vision préétablie de l’homme et du monde. Plus précisément : sans consensus autour d’une vision de l’homme et du monde qui définirait à l’avance le sens de la vie et baliserait la route pour de bon. Je soutiens que cela est même nécessaire, parce que la technologie permet désormais une intervention à ce point décisive sur les humains et sur leur environnement que la vision de l’homme et du monde susceptible d’orienter nos choix et nos pratiques n’est plus derrière nous, mais devant nous.
    • Nous ne percevons plus l’humanité et le monde comme des réalités données, définitivement constituées, mais à faire. Il nous appartient, puisque nous en avons désormais le pouvoir, de décider quelle humanité nous serons demain, et de prendre les mesures requises pour que soit préservée la qualité de l’environnement dans lequel vivront nos descendants. La vie et la qualité de la vie sont désormais laissées à notre responsabilité.
    • Les repères essentiels de la démarche éthique ne sont plus ceux qu’imposait hier encore une vision préétablie de l’homme et du monde.
    • Ikeda : Je suis pleinement d’accord avec vous. Le xxie siècle doit être un siècle «du peuple, par le peuple et pour le peuple».
    • Bourgeot : Peut-être direz-vous que cette solidarité, née de la rencontre avec les autres et de la discussion, et vécue dans l’exercice d’une responsabilité partagée, est elle-même «religieuse» dans la mesure où elle relie les humains aux humains et à leur environnement, dans la perspective globale de la tradition bouddhique que vous avez rappelée. Mais point n’est besoin aux humains, me semble-t-il, d’aller chercher hors d’eux, ou au-dessus d’eux, une légitimation de leur existence comme on l’a fait dans les traditions religieuses d’Occident, ou encore en eux, dans un plus intime à eux qu’eux-mêmes, où ils communieraient à une vie spirituelle englobante.
    • Une certaine spiritualité chrétienne prône l’amour des humains «pour l’amour de Dieu». Il me semble que les humains valent  d’être aimés pour eux-mêmes, simplement pour ce qu’ils sont: des êtres fragiles, transitoires ; des compagnons de route, du jour ou du soir. Il n’est pas nécessaire de transcender l’homme pour aimer, non pas l’homme – avec ou sans majuscule – mais les humains, hommes et femmes, avec lesquels il nous est donné de vivre tout bonnement les joies et les peines d’une commune odyssée.
    • Ikeda : Ce que vous venez d’exprimer est très semblable à l’idée qu’un bodhisattva se fait de la compassion. C’est une attitude qui engage tout être humain ordinaire à partager les joies et les peines de la vie avec d’autres humains ordinaires et à lutter avec eux pour parvenir au bonheur. «
    • Pour finir, je me souviens d’une métaphore d’un poème qui disait que les arbres fruitiers sont tous différents, mais que c’est cela qui fait leur beauté; vouloir transformer un poirier en pommier, c’est à la fois stupide et impossible.

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